La philosophie du bonsaï : une origine symbolique spirituelle

bonsai

Le bonsaï intrigue par son côté mystique. Il est l’expression d’un sens artistique profond et d’une grande préoccupation esthétique, propres aux peuples asiatiques. La culture du bonsaï est née en Chine puis elle fut popularisée par les Japonais, puis par les Coréens et les Vietnamiens. Elle est adossée à plusieurs notions philosophiques et représente un véritable cheminement spirituel. Savez-vous pourquoi les bonsaïs sont petits ? Connaissez-vous les espèces les plus utilisées pour cultiver le bonsaï ? Découvrez les origines du bonsaï et la philosophie que véhicule cet arbre miniature, empreint de symboles.

Pourquoi les bonsaïs sont petits ?

Il y a plus de 2 000 ans, les Chinois concevaient des paysages miniatures d’une beauté et d’une finesse époustouflantes. Cet art chinois est nommé le « penjing », qui signifie « paysage en pot ». Attirés par cette pratique artistique et s’inspirant de leurs techniques horticoles, les Japonais imitèrent les Chinois mais en cultivant les arbres miniatures de façon individuelle. Le bonsaï est donc issu d’un art millénaire de la miniaturisation des végétaux, né en Chine et très pratiqué au Japon. Bonsaï signifie d’ailleurs « planté dans un pot » en japonais, et se décompose ainsi :

  • Un premier idéogramme signifie « Bon » et signifie « plat peu profond » ;
  • Un second idéogramme signifie « Sai » qui désigne un végétal solidement planté, un peu comme un javelot ;
  • « Bonsaï », issu de l’association de ces deux idéogrammes, peut se traduire par « arbre planté dans un pot peu profond ».

La philosophie du bonsaï

La philosophie du bonsaï est issue d’un autre courant philosophique, appelé le chan en Chine, et le zen au Japon. Cette philosophie zen a considérablement influencé l’art oriental.

Les notions philosophiques du bonsaï

Par sa lenteur et sa technicité, la culture du bonsaï regroupe plusieurs notions symboliques :

  • Elle représente l’introduction de la nature dans la maison en la reproduisant en miniature ;
  • Elle symbolise la quête de la perfection ;
  • Elle favorise l’acquisition et la transmission de valeurs telles que la spiritualité et l’humilité, la persévérance et la discipline ;
  • Elle facilite l’accès à un état de sérénité.

Les vertus de la philosophie du bonsaï

Le bonsaï est un arbre et sa croissance prend donc énormément de temps. Elle représente en cela une progression vers plus de spiritualité. La création d’un bonsaï est un apprentissage de la patience, et l’arbre ainsi créé incarne un fil rouge dans l’existence, la recherche de son moi profond et de la perfection. Le pincement des bourgeons, la taille ou encore la ligature des branches sont des tâches minutieuses. S’occuper d’un bonsaï est une succession de gestes précis, qui demande de la concentration, surtout les premiers temps. Mais l’accomplissement de ces tâches finit par se faire de façon quasi automatique. Il est alors possible d’accéder à un état de sérénité et de paix intérieure appelé le « mushin » et qui signifie « esprit vide ».

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Les espèces pour cultiver le bonsaï

Toute plante dotée d’un tronc et de branches peut être utilisée pour former un bonsaï. Cependant, certaines essences sont plus utilisées que d’autres, notamment les essences aux petites feuilles. Comme dans la nature, les bonsaïs se répartissent en trois catégories :

  • Les arbres feuillus à feuilles caduques ;
  • Les arbres feuillus à feuilles persistantes ;
  • Les conifères et les pins.

Les bonsaïs feuillus à feuilles caduques

  • L’érable palmé du Japon est une espèce robuste. Son port est noble et équilibré. Ses feuilles à 5 lobes font penser à des mains, d’où son nom ; 
  • L’orme de Chine est l’espèce d’orme la plus utilisée pour la culture du bonsaï. Il apprécie le soleil et peut être placé à l’extérieur en été.

Le bonsaï à feuilles persistantes

  • Le ficus est l’une des espèces de bonsaïs les plus répandues. Il produit de petites fleurs cachées que seules les guêpes savent débusquer ;
  • L’olivier permet de réaliser de remarquables bonsaïs. C’est l’olivier sauvage qui est le plus souvent utilisé. Rustique et facile à cultiver, il plaît beaucoup aux débutants. Il peut prendre place à l’extérieur mais doit être protégé du gel.

Les bonsaïs de conifères et de pins

  • Le séquoia, immense et majestueux en pleine nature, produit un bonsaï de grande taille. C’est le Métaséquoia de Chine le plus utilisé pour cette technique, plutôt que le séquoia géant ;
  • Le juniperus sargentii et le juniperus chinensis sont deux espèces de genévriers qui forment des bonsaïs qui vivent exclusivement en extérieur. Rustiques, ils ont besoin d’une protection seulement à partir de -10°.

Quelle est la durée de vie d’un bonsaï ?

La durée de vie d’un bonsaï dépend de nombreux facteurs, notamment de l’espèce de l’arbre, des soins qui lui sont prodigués et de l’environnement dans lequel il est cultivé.

Un bonsaï peut généralement vivre plusieurs dizaines voire centaines d’années s’il est entretenu correctement. Certaines espèces sont plus longévives que d’autres, mais avec une attention régulière et des techniques de taille appropriées, un bonsaï peut devenir un héritage vivant transmis de génération en génération.

Recevoir un bonsaï en cadeau est un immense honneur au Japon. Symbole de paix, d’équilibre et d’harmonie, le bonsaï incarne aussi la patience, la résilience et la détermination. S’initier à la culture du bonsaï, c’est prendre un chemin, créer une ouverture sur son propre esprit et accéder à plus de plénitude. Et une occupation apaisante après le tumulte d’une journée de travail est un refuge spirituel et une source inépuisable d’apaisement.